La Réforme de l’Audiovisuel public

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Les chaînes régionales touchées par la suppression de la publicité

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Si la grève de lundi a été particulièrement suivie sur les chaînes régionales (particulièrement en Rhône-Alpes-Auvergne, avec 34% de grévistes selon la direction, et en Bourgogne, entre 55 et 57%), c’est qu’ils sont particulièrement touchés par la suppression partielle de la publicité.

En effet, cette suppression rend nécessaire de réorganiser la tranche entre 18 et 20 heures, et donc de restructurer tout la grille des programmes. En effet, pour compenser les pertes financières, les chaînes vont devoir placer autant de publicités que possible avant 20 heures, ce qui réduit la place disponible pour les éditions locales.
“Avant 20H00, il va falloir caser le plus de pub possible, il n’y a donc plus de place pour les éditions locales. En gros, cette tranche de 19h-20h, c’est une tranche de publicité interrompue par un peu d’information”, déclare Myriam Figureau, déléguée SNJ à France 3 Rhône-Alpes-Auvergne. (1)
Les éditions locales seront avancée à 18h30 au lieu 18h50, qui assurait une meilleure diffusion. Le petit journal de France 3, qui durait 5 minutes, est supprimé, et le journal régional est allongé de 6 minutes. Le public ne peux plus choisir entre deux diffusions, et surtout, cet allongement du journal implique d’en augmenter le coût !

C’est là le paradoxe de cette mesure : la publicité rapportait de l’argent ; supprimer la publicité entraîne une perte de revenue, qui peut cependant être compensée par l’Etat ; mais cela implique aussi une augmentation du temps d’antenne, donc de nouveaux programmes, donc de l’argent. Même si la suppression de la publicité était entièrement compensée par l’Etat, elle coûterait tout de même de l’argent à France Télévision.
C’est ce qu’explique Eric Sicaud, journaliste rédacteur-présentateur et délégué du personnel à France 3 Bourgogne. “Pour bien faire avec les nouveaux temps d’antenne, il faudrait au moins une ou deux équipes supplémentaires. Actuellement, à France 3 Bourgogne, nous sommes 35 journalistes et journalistes reporters d’images (JRI), une rédactrice en chef et quatre adjoints. Bien sûr, les personnels des programmes (autres que de l’information) et les personnels techniques et administratifs partagent les mêmes craintes. Nous ne sommes pas opposés à la suppression de la publicité, mais il faudrait une compensation financière.” (2)

(1) “France 3 : 27% de grévistes mobilisés contre la réforme de l’audiovisuel”, 05/01/2009, Lexpress.fr.

http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/france-3-27-pourcent-de-grevistes-mobilises-contre-la-reforme-de-l-audiovisuel_729583.html

(2) “Réforme de l’audiovisuel : “nous n’avons pas les moyens” “, 05/01/2009, Le Bien public.

http://www.bienpublic.com/actu/region/20090105.BPA4229.html